CEVA : Rhône-Alpes choisit le Régiolis Alstom

CEVA : Rhône-Alpes choisit le Régiolis Alstom

La Région Rhône-Alpes a finalement choisi le Régiolis d'Alstom pour circuler avec les Flirt suisses
sur le futur CEVA (crédit photo Alstom/Jeanne Thomazo)

Alors que les Suisses avaient choisi de longue date leur constructeur national Stadler et ses rames Flirt, déjà largement présentes dans le pays comme à l’étranger, les Français, par l’intermédiaire de la Région Rhône-Alpes, devaient encore se prononcer sur le choix de leur matériel dédié au CEVA (Cornavin – Eaux Vives – Annemasse), RER franco-suisse actuellement en construction.

Le choix se jouait donc entre les Flirt helvètes et les Régiolis d’Alstom. Et Rhône-Alpes a finalement opté pour le constructeur national en retenant le Régiolis. C’est ce qu’a annoncé Jean-Jack Queyranne ce jeudi 11 juin à Annemasse. Ce sont ainsi 17 rames qui seront livrées à la Région, pour compléter les 23 rames Flirt déjà commandées par les CFF, à l’horizon 2019 pour l’ouverture de la ligne.

Si le président de Rhône-Alpes évoque, dans une interview à la RTS, l’incertitude sur le taux de change du Franc suisse par rapport à l’Euro (les Flirts français auraient été loués aux CFF) et la perspective de nouveaux emplois sur le futur site de maintenance de ces Régiolis à Annemasse, qui sont des arguments parfaitement recevables, tout comme le choix de faire jouer la carte du patriotisme en choisissant son constructeur national (après tout, les Suisses en ont bien fait de même en retenant Stadler…), le message envoyé au final est quand même troublé par le fait que les deux parties ne soient pas arrivées à un compromis sur ce volet matériel, quand on se remémore toutes les difficultés rencontrées au fil des années pour parvenir à se mettre d’accord sur le choix du tracé, des stations ou de la desserte (pour mémoire, les premiers projets de trajet Genève-Annemasse directs remontent à 1912, soit il y a un siècle !)…

Car au final, il va bien y avoir 2 matériels distincts et différents qui circuleront de Lausanne à Evian, St Gervais et Annecy via Genève Cornavin et Annemasse. Et qui dit double matériel dit forcément double formation des conducteurs et des contrôleurs (au passage, il faudra aussi homologuer les Régiolis pour leur circulation en Suisse, alors que les Flirts se rendent quotidiennement à Bellegarde), double atelier de maintenance (un en Suisse et l’autre sur Annemasse donc) et double stock de pièces pour la maintenance en atelier. Ce qui ne manquera pas d’engendrer bien entendu des surcoûts (que les Suisses estiment à l’heure actuelle entre 5 et 10 %, chiffre démenti par Jean-Jack Queyranne). Une décision qui est certes compréhensible, mais néanmoins regrettable. Il faudra encore 4 bonnes années avant de pouvoir tirer un bilan de ce choix…

Vous aimerez aussi

Leave a reply

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.