Covid-19 et confinement : quelles conséquences pour les transports lyonnais ?

La pandémie de Covid-19 et le confinement qu’elle a engendré n’ont pas été sans conséquences sur le monde des transports, comme sur tous les pans de l’économie et de nos vies en général. Maintenant que nous avons entamé le déconfinement, il est temps de se pencher sur les conséquences que cette période hors norme peut avoir sur les transports, et plus particulièrement sur le transport ferroviaire dans notre région.

Premier constat : autant le Fret a pu conserver une part non négligeable de son trafic pendant la période de confinement, autant le trafic TGV, Intercités et TER a été largement sabré, avec une offre plafonnant à à peine 10% de trafic habituel. C’est donc bien sur ce pan que les conséquences seront les plus fortes et les plus visibles.

Deuxième constat : bien que le déconfinement soit entamé et que le nombre de trains circulant quotidiennement est en augmentation, le nombre de voyageurs transportés n’est toujours pas revenu à son niveau d’avant. Plusieurs facteurs expliquent naturellement cet état de fait : réouverture limitée des établissements scolaires, empêchant un partie des usagers habituels à reprendre leurs habitudes de déplacement et de travail ; poursuite du télétravail ; secteurs économiques (hôtellerie/restauration, tourisme, culture) toujours interdits de reprendre une activité normale ; mesures sanitaires et distanciation physique imposées dans les transports (nous y reviendrons un peu plus loin).

Cette période a également permis a bon nombre d’entre nous de prendre du recul et de réfléchir à sa façon de vivre, et donc de se déplacer. Le télétravail a été une première pour une part important des personnes qui ont pu en bénéficier pendant le confinement, et le fait de ne pas avoir eu à emprunter les transports quotidiennement pour se rendre sur son lieu de travail a forcément donné goût au travail à domicile.

Une fois les constats posés, quelles peuvent-être les conséquences pour le transport ferroviaire en région lyonnaise ? Disons-le tout de suite : l’avenir à court terme n’est pas forcément tout rose. La diminution drastique du trafic pendant le confinement a porté un coup important dans les recettes des sociétés de transport, et bien évidemment dans celles de la SNCF. De même, les décisions des régions de ne pas prélever les abonnements annuels et de rembourser les abonnements mensuels ont également engendré un manque à gagner. Cet argent va également manquer au niveau des investissements, notamment à SNCF Réseau (qui se rémunère sur les péages des circulations) pour l’entretien des voies, des caténaires ou des ouvrages d’art. Quid des travaux prévus à court terme ? Maintenus ? Reportés ? Annulés ? De même, le versement mobilité, nouvelle dénomination du versement transport (pourcentage calculé sur le chiffre d’affaires des entreprises), sera lui aussi minoré, soit autant de recettes en moins.

Les mesures de distanciation physique (la distanciation sociale, c’est autre chose…), bien qu’elles soient parfaitement compréhensibles et nécessaires, sont également un autre facteur impactant. Elles seront forcément rebutantes pour une partie des usagers, qui vont préférer (re)prendre leur voiture plutôt que de se contraindre à porter un masque. Combien de temps cette réticence peut-elle durer ? Nul ne le sait pour le moment, mais les TER locaux pourraient fort bien perdre pour de bon une partie de leur clientèle, et ce d’autant plus dans les zones où les fréquences de desserte ne sont pas assez suffisantes. L’annonce de le prochaine suppression de la règle du 1 siège sur 2 dans l’ensemble des trains est une bonne mesure pour pourvoir augmenter le nombre de sièges disponibles, mais, là encore, certains pourraient se sentir oppressés et décider d’abandonner les TER au quotidien.

Le retour à la « normale » au niveau économique nous permettra d’y voir un peu plus clair sur l’évolution de la situation dans le domaine ferroviaire. Mais ici comme dans le domaine économique, la « normale » de demain sera/devra-t-elle être la même que celle d’hier ?