La ligne de la Dombes

Ligne parmi les plus pittoresques de la région lyonnaise, la ligne Lyon-Bourg, également connue sous l’appellation de « ligne des Dombes », a longtemps été plongé dans un relatif sommeil avant de revenir sur le devant de la scène suite à la modernisation de ses voies et de son matériel. Penchons-nous donc sur son histoire et son présent…

Profil en long de la ligne qui, une fois parvenue sur la plateau de la Dombes, conserve un profil facile.

Construite à l’origine par la Compagnie de la Dombes et des Chemins de Fer du Sud Est (D.S.E.), qui était également concessionnaire de la ligne de Neuville et de celle entre Lyon St Paul et Montbrison, elle a été inaugurée en 1863 entre Lyon Croix Rousse (terminus originel décidé par la D.S.E.) et Sathonay (gare de bifurcation vers Neuville et Trévoux), puis en 1866 de Sathonay à Bourg en Bresse. Mais comme bien d’autres, la D.S.E. fut mise en faillite, et rachetée par le P.L.M., qui décidé de construire une portion de voie entre la gare de Sathonay et celle de Lyon St Clair, au bord du Rhône, afin de reporter le terminus des trains venant de Bourg à Lyon Brotteaux et Lyon Perrache, car le terminus de Croix Rousse devenait trop exigu. Ce raccordement, caractérisé par une rampe de 20 ‰ pour grimper sur le plateau, fut inauguré en 1900.

Mise à double voie dès le début, la ligne Lyon-Bourg connut dès l’origine un trafic assez soutenu, car en plus du courant entre les 2 préfectures, on y voyait également circuler des trains express pour Strasbourg et le sud du pays. Mais cette période d’euphorie ne dura pas longtemps…

En effet, l’occupant allemand décide de supprimer l’une des 2 voies en 1943. Dès lors, la ligne va fonctionner en voie unique avec 9 gares de croisement et le cantonnement téléphonique. La seconde voie déposée, le trafic connaît une baisse notable, ce qui entraîne le maintien de seulement 4 gares de croisement (Sathonay-Rillieux, St André de Corcy, Villars les Dombes et Saint Paul de Varax). La ligne sombre petit à petit, seul subsistant un trafic local entre Lyon et Bourg (les express passant par la ligne Bourg-Ambérieu-Lyon depuis son électrification).

Le premier signe de renouveau apparaîtra avec l’ouverture de la LGV Paris-Lyon. En effet, la section Lyon St Clair-Sathonay va être complètement remise à niveau et électrifiée en 1,5 Kv pour recevoir les TGV dès l’automne 1981. Puis, en 1987, le cantonnement téléphonique laisse place au B.A.P.R. (Block Automatique à Permissivité Restreinte), les gares de croisement subsistantes sont aménagées en style « voie directe », et des travaux sont engagés sur la voie pour faire passer la vitesse limite à 140 km/h (120 de Sathonay aux Echets). Enfin, dernier volet de l’amélioration de la ligne, les fréquences sont augmentées sous l’impulsion du Conseil Régional Rhône-Alpes (près d’une quinzaine d’aller-retours en 2005, dont un continue sur Besançon et quatre sur Oyonnax/St Claude/Morez par la ligne des Carpates).

Côté matériel, après avoir longtemps été le refuge des X 2700 et 2800, la ligne des Dombes a connu une petite révolution en décembre 2004, avec l’éviction des RGP et la prise de pouvoir des X 73500 sur les mouvements au delà de Bourg sur les Carpates. Le reste des relations omnibus était alors du ressort des X 4630 vaisois, excepté un mouvement assuré par les X 73500 du même dépôt. L’emploi des X 4630 est, à cette époque, symptomatique des problèmes rencontrées sur la ligne : vétusté du matériel, retards fréquents dus notamment au faible débit engendré par la voie unique, et fréquences insuffisantes. C’est dans cette optique qu’un comité de ligne a été monté, et qu’une modernisation de la ligne a été décidée, afin de faire de cette artère une composant majeure du réseau TER lyonnais.

Cette modernisation, dont les premiers travaux ont démarré à la rentrée 2005, ont essentiellement porté sur le doublement de la voie entre Les Echets et Villars Les Dombes. Initialement, la double voie devait commencer dès Sathonay, mais les projets de saut de mouton pour séparer les courants TER et TGV dans cette gare, ainsi que la probable future réouverture au trafic voyageur de la ligne de Trévoux, ont repoussé l’échéance. Il subsiste donc un tronçon à voie unique entre Sathonay et Les Echets. L’autre gros dossier concerne le réaménagement des gares, notamment celle de Villars, où une 3e voie a été posée afin d’accueillir les TER de desserte périurbains en provenance de Lyon. A la réouverture complète de la ligne fin 2008, la desserte est composée d’un TER Lyon-Bourg par heure, complétée, en heure de pointe par un semi-direct (direct entre Part Dieu et Villars) et par un omnibus périurbain terminus Villars les Dombes. Une véritable petite révolution pour cette ligne.

Un temps envisagée, l’électrification de la ligne des Dombes n’est pas prévue pour l’instant, les performances des nouveaux matériels diesel TER (AGC notamment) s’avérant suffisantes pour couvrir la desserte. Elle serait pourtant utile pour faire de l’artère des Dombes un véritable itinéraire alternatif à la ligne Bourg-Ambérieu-Lyon, et pallier ainsi à tout problème ou éventualité.

Avec les travaux d’agrandissement actuels de la gare de Lyon Part Dieu, les TER semi-directs et les périurbains Villars ont été supprimés, remplacés par des omnibus, allongeant de fait le temps de parcours entre les deux préfectures. Ces suppressions ne sont censées durer que pendant la durée des travaux, soit jusqu’en 2023.

Au niveau des dessertes Fret, si la desserte d’un EP d’engrais à Saint André de Corcy a disparu en 2011, la ligne reste toujours desservie de nos jours grâce aux silos de Villars les Dombes et de Saint André de Corcy. Outre Fret SNCF (débouchés notamment vers l’Italie), sa filiale VFLI est également sur les rangs pour sortir des silos dombistes des rames de céréales à destination du Nord (usine Cargill à Haubourdin) ou de l’Alsace (usine Tereos à Marckolsheim).

Plus que quelques kilomètres à parcourir pour la 77506 VFLI et sa rame de céréaliers en provenance d’Alsace avant d’arriver au silo de Villars les Dombes.