Le Port Edouard Herriot

Ville d’eau par excellence, au confluent du Rhône et de la Saône, Lyon ne pouvait pas se passer d’un port. Retraçons l’histoire du Port Edouard Herriot et de sa connexion au réseau ferré local.

La genèse du Port Edouard Herriot remonte à 1921, quand est prise la décision d’aménager le Rhône, d’installer un port et de le raccorder au réseau ferroviaire existant. Après 3 ans de travaux, le port est inauguré par la CNR (Compagnie Nationale du Rhône) le 31 mars 1938, dans le quartier de Gerland, au sud de la ville, sur le Rhône.

Ferroviairement parlant, le port est relié au réseau ferré national depuis le triage de la Guillotière par une voie d’accès qui débouche sur un triage d’une douzaine de voies. L’accès aux darses du port se fait par refoulement depuis ce triage. En plus des darses, le port abrite également plusieurs entreprises et entrepôts, dont certains ont été ou sont encore reliés et desservis par le rail.

Cependant, le port souffrait de 2 inconvénients majeurs : l’accès au triage du port se faisait uniquement en traction diesel, et il n’était pas direct depuis le triage de la Guillotière. Ces défauts, couplés à une exploitation en navette, limitaient fortement les potentialités de développement du trafic. Des travaux ont donc été entrepris fin 2015, pour une durée de 2 ans. Au programme : transformation du raccordement au triage de la Guillotière pour le rendre direct et permettre un accès au faisceau d’arrivée sans rebroussement, électrification du raccordement, de 6 des 13 voies du faisceau d’arrivée, ainsi que de 3 voies pour le garage des engins moteurs en 1500 V. Fin 2017, les trains de Fret peuvent donc arriver directement au faisceau de triage du port en mode électrique, sans avoir recours à un relais traction et à un rebroussement au triage de la Guillotière. La fin de ces travaux coïncide également avec un changement d’opérateur : Socorail (filiale d’Europorte), qui avait jusqu’alors la charge de la traction des navettes et des manoeuvres du port, cède sa place à CFL Cargo France, filiale de l’opérateur ferroviaire national luxembourgeois.

De nos jours, une bonne partie du trafic qui transite par le port est constitué de conteneurs (plus de 65 000 EVP (Equivalent Vingt Pieds) sur l’année 2019). Le port est ainsi relié par train à de nombreuses villes dans le pays (Chalon-sur-Saône, Fos-sur-Mer et Marseille, Dourges et Dunkerque, Le Havre), mais aussi en Belgique (Anvers, Zeebrugge), les Pays-Bas (Rotterdam), le Luxembourg (Bettembourg) et l’Allemagne (Hambourg, Lübeck, Ludwigshafen, Munich).

Sources :