Quel avenir pour la ligne de l’Azergues ?

Quel avenir pour la ligne de l’Azergues ?

Un TER Tours-Lyon assuré en X 72500 franchit sans arrêt l'ancienne gare de Poule, au débouché du tunnel des Echarmeaux

L’actualité récente l’a encore prouvé, la ligne de l’Azergues, reliant Paray Le Monial à Lyon via le tunnel des Echarmeaux, est toujours sur le fil du rasoir. Au début du mois de février, la SNCF a annoncé la suppression du poste d’agent circulation, qui assure également la vente au guichet, de la gare de Lamure sur Azergues, seul point de croisement de la ligne. Conséquence de cette décision, le premier TER Paray-Lyon du matin doit être avancé de 12 minutes (départ à 5h23 au lieu de 5h35), afin d’avoir un espacement suffisant entre les 2 TER du matin. Après une forte mobilisation des élus des 2 régions et des usagers de la ligne, la SNCF va finalement faire marche arrière et décider de maintenir, pour le moment, le poste de Lamure.

Cette actualité est symptomatique de l’évolution chaotique de cette ligne depuis sa mise à voie unique en 1995. Plongée dans un profond sommeil à partir de cette date, avec une poignée de trains par jour, elle a retrouvé quelques couleurs avec l’introduction en 2005 de 2 TER longue distance, l’un vers Orléans et l’autre vers Tours ; la liaison vers Orléans a depuis sombré suite à la décision de la région Centre de ne plus la financer, limitant le train à Nevers. La voie n’est pas en meilleur état, faute d’investissements conséquents et régulier pour l’entretien : les traverses métalliques et les rails courts antédiluviens sont encore de mise, notamment sur la partie bourguignonne de la ligne, tout comme un ralentissement persistant à 60 km/h autour de Chamelet. Tout cela grève forcément le débit de la ligne, et donc son possible développement, sans compter les changements d’un service annuel à l’autre dans les gares lyonnaises : une année les TER passent par la gare de Part Dieu, la suivante ils sont basculés par Vaise…

Tout n’est pas forcément noir sur la ligne : la fréquentation est en hausse régulière depuis plusieurs années, avec notamment nombre d’étudiants et de pendulaires bourguignons en direction de Lyon ; la région Bourgogne a décidé de débloquer de nouveaux crédits pour régénérer la voie sur sa partie de la ligne en 2017, et une association s’est même montée suite à l’affaire de la gare de Lamure pour fédérer et faire entendre la voix des usagers de la ligne. Alors que faut-il pour pérenniser et développer cette ligne ?

Tout d’abord, renouveler et entretenir la voie sur l’ensemble du parcours. Si la partie en Saône et Loire est bien traitée comme cela en prend le chemin, la ligne pourra alors retrouver des temps de parcours plus attractifs et plus conformes à son potentiel.
Après les travaux, il n’est pas illusoire d’envisager un développement des points de croisements, afin de pouvoir développer la trame voyageurs ; a minima, il en faudrait un nouveau sur l’intervalle Paray-Lamure, long de 65 kilomètres. Sur ce trajet, il ne reste plus que La Clayette et Chauffailles comme gares encore ouvertes au service voyageur. Au regard de l’aménagement de ces 2 gares, La Clayette tient tout naturellement la corde et s’impose d’elle-même ; guichet encore ouvert, place largement suffisante pour implanter la voie de croisement (à Chauffailles, il faudrait détruire et reconstruire le second quai qui colle la seule voie en gare) et place plus centrale sur la section bourguignonne. En Rhône-Alpes, la gare du Bois d’Oingt a un bon potentiel pour devenir un point de croisement et un terminus partiel, en prolongeant par exemple les TER Tassin-Lozanne pour augmenter la desserte de la basse vallée de l’Azergues qui se développe sur le plan de l’habitat (on a un temps envisager d’y amener le tram-train de l’Ouest Lyonnais, mais ce projet est passé de mode, puisqu’on n’est même pas sûr qu’il circule un jour sur Tassin-Lozanne). On pourrait même rêver au retour régulier d’un trafic Fret sur la ligne, puisque, à l’origine, elle avait bien été construite pour écouler le trafic marchandises entre les régions parisienne et lyonnaise…

On peut donc voir que cette ligne, aujourd’hui menacée, pourrait bel et bien retrouver des couleurs ! Mais pour cela, comme pour tout autre projet, elle va avoir besoin de deux choses fondamentales : de la volonté publique et politique, et des moyens financiers. Si la première peut assez facilement s’envisager, la seconde reste bel et bien la plus compliquée à obtenir… A vos commentaires !

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