Trafic Fret suspendu sur la ligne de la Brévenne

Ouverte en deux tronçons (1873 jusque Sain Bel puis 1876 au-delà vers Ste Foy L’Argentière et Montbrison), la ligne de la vallée de la Brévenne avait vu disparaître son trafic voyageur en 1955 (le court tronçon L’Arbresle-Sain Bel ayant été rouvert en 1991), mais était toujours restée ouverte au trafic Fret jusqu’aux carrières Lafarge de La Patte, desservies depuis le triage de Saint-Germain-au-Mont-d’Or (pour un historique complet de la ligne, je vous invite à consulter l’article dédié publié en son temps sur l’ancienne version du site). Si la desserte comportait en son temps 2 aller-retours par jour, elle avait drastiquement été réduite ces dernières années pour ne plus compter que 2 rotations par semaine. Outre la baisse de la demande, l’état de la voie sur la quinzaine de kilomètres encore exploités se dégradait de plus en plus, faute d’entretien régulier et suffisant. C’est d’ailleurs le manque d’entretien qui avait condamné le tronçon entre les carrières et Ste Foy L’Argentière, condamnant de fait le CFTB (Chemin de Fer Touristique de la Brévenne), dont le matériel est stocké à Ste Foy. Et c’est encore et toujours le manque d’entretien qui vient de provoquer en ce début d’année 2020 la suspension du trafic sur la ligne, imposant le report sur route de la desserte des carrières, report estimé aux alentours de 10 000 camions par an !

Une association de défense de la ligne de la Brévenne (Brévenne : gardons la ligne) s’est montée en début d’année dernière pour défendre et pérenniser la ligne, créant notamment une pétition pour sauvegarder la ligne de la Brévenne pour médiatiser et concrétiser leur engagement, qui a recueilli pour le moment un peu plus de 7 000 signatures. Outre la pérennisation du trafic Fret sur la ligne, elle milite également pour la prolongation du Tram-Train de l’Ouest Lyonnais dans la Brévenne au-delà de Sain Bel, le terminus actuel. Outre le report de la desserte sur la route, la suspension de la ligne prive également le CFTB et son matériel de tout accès au RFN (Réseau Ferré National).

A l’heure où l’écologie et le report modal vers le rail sont sur toutes les lèvres et dans toutes les conversations, la fermeture de ce petit bout de ligne et la multiplication des poids lourds sur la N89 est décidément un énième mauvais signe envoyé et un contresens absolu par rapport aux investissements nécessaires pour notre planète et notre environnement…