Vers un retour du Lyon-Bordeaux ?

Vers un retour du Lyon-Bordeaux ?

Le train Intercités 4580 Lyon-Bordeaux marque l'arrêt en gare de Montluçon en décembre 2005

Supprimé pour cause de travaux depuis la fin d’année 2012, l’Intercités reliant Lyon à Bordeaux via Montluçon et Limoges pourrait enfin faire son retour sur les rails du Massif Central au chagement de service en décembre prochain.

Les travaux engagés entre Limoges et St Germain des Fossés devaient initialement ne durer qu’une année, mais l’attente se prolonge et la grogne monte. A nouveau questionnée sur le retour des trains sur cette section, la SNCF, par l’intermédiaire de son directeur Intercités Alain Le Vern, a récemment indiqué au micro de France Bleu Limousin (interview et article à retrouver ici) que la liaison Lyon-Bordeaux devrait pouvoir être remise sur rails, une fois que la convention TET (Trains d’Equilibre du Territoire) serait renouvelée. Toujours selon Alain Le Vern, les travaux engagés depuis presque 2 ans sont bel et bien un gage d’avenir et de perrénité de cette liaison.

Une fois les bonnes intentions énoncées, que reste-t-il de concret ? Nous sommes déjà en septembre, et les sillons sont déjà quasiment définitivement attribués par RFF et les grilles horaires arrêtées ; si le retour du Lyon-Bordeaux est confirmé, il faudrait arriver à lui trouver un sillon compatible sur l’intégralité du parcours, arrivant à s’intégrer dans le noeud ferroviaire lyonnais, sur les sections à voie unique et dans le noeud ferroviaire bordelais actuellement en plein chantier pour l’arrivée de la LGV Sud-Atlantique.

Se pose ensuite la question du matériel : avant sa suppression, le Lyon-Bordeaux était assuré de base avec les X 72500 Rhône-Alpes, renforcé au besoin par un élément Aquitaine ou Limousin. Or, la région Rhône-Alpes a engagé ces mêmes X 72500 sur la liaison Lyon-Tours par l’Azergues, et renâcle à les remettre sur le Lyon-Bordeaux s’il venait à revenir. Son parc d’AGC est fort contraint, et libérer a minima 2 éléments pour les envoyer à l’autre bout du pays pour une liaison financée par l’Etat semble peu probable. Il reste alors peu d’options : faire appel aux autres régions traversées pour couvrir les besoins en matériel (Aquitaine, Limousin, voire Auvergne, pourraient fournir des X 72500 ou des AGC), mais avec la même problématique de fourniture d’engins régionaux pour une desserte nationale. Seconde possibilité : assurer le Lyon-Bordeaux en matériel pur Intercités. Là encore, problème de matériel, puisque seuls des compositions BB 67400 + Corail sont actuellement disponibles, mais elles ne sont pas du tout adaptées à la ligne et à ses nombreux rebroussements (on se rappellera la période de transition post-RTG, avec un temps de parcours allongé de plus d’une heure et une fiabilité et une ponctualité dégradées, quand avaient été introduites ces mêmes compos en Corail). Une solution envisageable : le transfert des X 72500 tricaisses utilisés actuellement sur la ligne Paris-Granville, qui commencent à être remplacés par les Régiolis flambants neufs commandés par la région Basse-Normandie… Un avenant à la commande de Corradia Liner par l’activité Intercités pourrait aussi être une solution, mais ce matériel ne sera pas disponible avant quelques années ; c’est clairement la solution d’avenir, mais il faudrait de toute façon trouver une solution transitoire avant leur arrivée si l’on veut remettre sur les rails le Lyon-Bordeaux avant que ces Corradia Liner ne soient livrés (quand bien même un avenant sur la commande soit effectivement signé…).

On voit donc que si les déclarations de bonnes intentions ne coûtent rien (qui a dit « promesses de politiques » ?), les faits sont bien plus complexes et que rien n’est joué pour le retour du Lyon-Bordeaux, comme pour le maintien de bon nombre de liaisons Intercités comme TER dans notre pays, le contexte économique actuel y étant bien évidemment pour beaucoup. La convention relative à l’exploitation des Trains d’Equilibre du Territoire arrivant à échéance le 31 décembre prochain, et rien ne filtrant vraiment quant aux véritables intentions de toutes les parties prenantes à ce sujet, il semble donc malheureusement bien illusoire de croire au retour du Lyon-Bordeaux dans 3 mois… On espère néanmoins en savoir un peu plus d’ici quelques semaines.

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